Je n'oublierai jamais ma première rencontre Al-Anon. L'image est gravée dans ma mémoire. C'était dans une grande salle au sous-sol d'une église, et une trentaine de personnes étaient présentes. La pièce était peinte en blanc, et la lumière du plafond la rendait encore plus lumineuse. Cette couleur me parlait ; elle avait l'air si propre, si fraîche et si paisible.
J'étais nerveuse à l'idée de rencontrer des étrangers et je ne savais pas si je voulais être considérée comme l'une des leurs. Je ne me souviens de rien de ce qui a été dit, mais je me souviens de ce sentiment d'être enfin chez moi. Quel bonheur ! Ce sentiment d'être enfin chez nous, quelque chose que j'attendais depuis toujours. Je n'avais jamais eu ce sentiment d'appartenir à une famille, ni de me sentir « chez moi », en grandissant avec des parents alcooliques. Et pourtant, j'ai tout de suite reconnu ce sentiment. C'était un sentiment d'acceptation totale, l'acceptation de qui j'étais vraiment à ce moment précis.
À cette première rencontre, et à bien d'autres par la suite, j'ai pleuré. Le premier cadeau qu'Al-Anon m'a fait, c'est la permission : la permission de dire non, la permission de penser à moi en premier, et la permission de pleurer. Alors, j'ai braillé ! J'ai pleuré à chaque réunion pendant deux ans, libérant les larmes retenues que je n'avais pas pu verser enfant. J'avais enfoui toutes les souffrances endurées au sein de ma famille alcoolique : la honte, la peur, la confusion, la colère, la déception, et bien d'autres encore.
Quand j'ai appris à Al-Anon qu'il était normal d'exprimer mes sentiments, ils ont jailli en larmes. Personne ne m'a jamais demandé d'arrêter, ne m'a regardé bizarrement ni ne s'est éloigné de moi. Au contraire, on m'a laissé pleurer. Je suis tellement reconnaissante envers ces personnes sages et merveilleuses qui ont su que j'avais besoin de me confier. Et j'étais émerveillée de leur soutien durant ces douloureuses premières années.
Il m'arrive encore de pleurer en réunion, parfois submergée par une difficulté personnelle ou lorsqu'un nouveau venu décrit ses tourments et que je comprends sa douleur. La boîte de mouchoirs est toujours à portée de main, et on me la tend toujours. C'est ça, pour moi, le foyer : un endroit où je peux pleurer, être soutenue et acceptée telle que je suis.
Par Kate A., Michigan
Le Forum , avril 2024
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Ma première rencontre a été un accueil chaleureux et empreint d'amour de la part des deux personnes présentes ce soir-là. Ça m'a pris tout mon courage pour y aller. Je suis tellement contente que mon guide spirituel m'ait amenée là-bas pour commencer mon parcours de guérison. Les mains d'Al-Anon étaient là, et je leur en suis infiniment reconnaissante.
Je sais ce que tu ressens : je suis dans le programme depuis maintenant 13 ans et j'ai de la difficulté à croire que je vis cette vie. Au début, c'était vraiment difficile. J’ai beaucoup pleuré aussi, mais grâce au soutien, aux lectures et aux livres d’Al-Anon, j’ai peu à peu trouvé ma voie et j’aime cette vie que j’aime aujourd’hui. Je suis toujours prête à partager mon histoire et à aider les nouveaux venus dans ce formidable programme.