L’alcoolisme touche toute la famille; Que peuvent faire les familles lorsque l’alcoolique continue de boire de l’alcool?
Vivre dans un foyer alcoolique cause de nombreux problèmes à la famille. Pour faire face au comportement chaotique de l’alcoolique et aux situations qui surviennent à cause de l’alcoolisme, les membres de la famille développent des comportements et habitudes malsains. Les professionnels de la dépendance qui ont participé à cette entrevue en panel discutent de la façon dont un programme de rétablissement, comme Al-Anon et Alateen, peut aider les familles à reconnaître ces comportements malsains et à les remplacer par de meilleurs, que l’alcoolique cherche à atteindre la sobriété ou soit actuellement impliqué dans la vie de la famille.
Les groupes familiaux Al-Anon, qui incluent Alateen pour les adolescents, offrent du soutien à toute personne affectée par le problème d’alcool d’autrui. *Quatre-vingt-treize pour cent des membres déclarent que leur vie a été très positivement affectée par les groupes familiaux d’Al-Anon et quarante-deux pour cent de ceux qui reçoivent des services professionnels et assistent à Al-Anon estiment qu’après leur arrivée à Al-Anon, ils ont constaté une amélioration dans leur traitement, leur counseling ou leur thérapie.
*Enquête 2018 sur l’adhésion au groupe familial Al-Anon
Cette entrevue professionnelle avec un panel a été enregistrée lors de la Convention internationale Al-Anon 2018 à Baltimore, Maryland. Les professionnels interviewés étaient :
Nancy Duff-Boehm, Ph.D., psychologue clinicienne, Cleveland, Ohio, États-Unis
Mintie Grienke, M.ED., Conseillère/psychothérapeute, Winnipeg, Manitoba, Canada
Ann McGreevy, MA, superviseure des études psychologiques à FCPS, Frederick, Maryland, États-Unis
Hugh A. King Jr., MD, psychiatre, Mandeville, Louisiane, États-Unis
Avertissement :
Al-Anon collabore avec des thérapeutes, conseillers et autres professionnels, mais n’endosse, ne s’oppose ni ne s’affilie à aucun professionnel, organisation ou entité. Les opinions exprimées ici étaient strictement celles de la personne qui les a données. Leurs commentaires reflètent leur expertise professionnelle et l’utilisation d’Al-Anon comme ressource pour leurs clients et patients qui sont ou ont été touchés par la dépendance à l’alcool d’une personne.
Transcription vidéo
L’alcoolisme touche toute la famille; Que peuvent faire les familles lorsque l’alcoolique continue de boire de l’alcool?
Modérateur : La dépendance à l’alcool touche toute la famille, pourquoi est-il important que les membres de la famille participent à un programme de rétablissement, peu importe si leur proche ou ami continue de boire?
Nancy Duff-Boehm, Ph.D., psychologue clinicienne : Je résume cela en disant qu’il est beaucoup plus difficile de vivre avec un alcoolique que d’en être un. Ainsi, vivre avec un alcoolique engendre cette tendance à développer un accommodement extrême au stress et aux besoins et sensibilités d’autrui – comme des sensibilités extrêmes. Et cela arrive sans que la personne ne le sache même pas. Ça arrive graduellement. Et il faut beaucoup de temps pour que ces habitudes se développent , et il faut vraiment beaucoup de temps pour les abandonner, parce qu’elles se développent, elles sont très efficaces. Ces adaptations réussissent très bien à maintenir l’harmonie à la maison, et il est donc très difficile de les abandonner. Ainsi, les membres de la famille des alcooliques ont besoin de leur propre programme, qui n’est pas les AA, c’est leur propre programme, afin de les aider à traverser ce processus difficile de redécouverte de ce que c’est que de vraiment répondre de façon adaptative aux défis de la vie.
Mintie Grienke, M. Ed., Conseillère/Psychothérapeute : L’alcoolisme est une maladie familiale et affecte donc tous les membres de la famille, même le bébé. Ça affecte même quelqu’un qui, en grandissant, a peut-être voulu se dissocier ou s’éloigner de la famille. Ils réagissent encore à ce qui leur est arrivé et cela les a quand même affectés. C’est une orientation dont il est tellement difficile de s’éloigner. Il est donc très important d’avoir un programme de rétablissement pour commencer ce processus et aider les membres de la famille à trouver cet ancrage, que l’alcoolique boive encore ou non.