En tant que directeur médical d’un centre de traitement de la dépendance, une partie de mon travail consiste à parler avec les familles des patients. Je donne aussi une conférence d’une heure chaque semaine aux familles qui viennent au programme d’éducation familiale dans notre établissement. Bien qu’une partie de ce dont je parle avec les familles porte sur la base neurobiologique de la dépendance, au moins la moitié du temps est consacrée à la récupération des Douze Étapes et aux groupes familiaux Al-Anon.

J’essaie d’enseigner aux familles que la guérison n’est pas seulement pour les personnes dépendantes, mais pour toute la famille. La guérison se manifeste par l’honnêteté, la connexion avec les autres, une diminution de l’anxiété, la confiance et l’estime de soi.  Al-Anon permet aux individus de se remettre de la brisure typique de l’alcoolisme. Al-Anon permet aux individus d’arrêter de jouer au jeu du policier dans la famille, de la victime, du protecteur, du sauveur. Ça permet aux gens d’être eux-mêmes sans avoir à porter la personne dépendante.

Dans mon temps avec les familles des alcooliques, je souligne qu’en ne cherchant pas d’aide pour eux-mêmes via Al-Anon, ils poursuivent aussi un schéma qui nuit à la sobriété potentielle de leur membre de famille dépendant.

Beaucoup de gens m’appellent ou m’écrivent de temps à autre pour me dire à quel point Al-Anon a compté pour eux. Même si leur parent dépendant ne va pas toujours bien, cela lui a donné espoir et sérénité pour continuer sa vie. C’est une vraie joie de voir l’impact positif d’Al-Anon sur les enfants et les jeunes membres des familles.

Joseph A Troncale, M.D.
Directeur médical, Caron Treatment Centers, Wernersville, Pennsylvanie
Président, groupe de travail de l’American Society of Addiction Medicine sur les questions familiales et générationnelles