« J'écoutais avec stupéfaction — leurs histoires étaient pires que les miennes ! »
En arrivant dans le stationnement pour ma première rencontre Al-Anon, j'étais anxieuse et confuse. Comme c'était dans ma ville natale, j'avais peur que quelqu'un me reconnaisse. Est-ce qu'on allait me poser des questions personnelles sur les tensions et le chaos qui régnaient chez moi ? Est-ce qu'on allait enfin savoir que mon conjoint buvait ?
J'avais l'impression que préserver l'unité familiale était ma responsabilité, et j'échouais. Malgré tout, je me suis forcée à traverser le stationnement et à entrer dans la salle de réunion Al-Anon. J'y ai trouvé une salle pleine de gens se servant au buffet, souriant et riant. C'était la réunion anniversaire du groupe Al-Anon. Je me suis assise avec des membres d'une famille qui m'ont chaleureusement accueillie et m'ont expliqué comment Al-Anon les aidait. J'étais trop nerveuse pour manger, et les nouvelles d'Al-Anon étaient en grande partie au-dessus de ma tête.
J'écoutais, stupéfaite : leurs histoires étaient pires que les miennes ! Pourtant, il y avait des rires, amicaux et jamais blessants. Comment pouvaient-ils trouver de l'humour dans leurs situations ? Leur compréhension et leur joie d'être ensemble ont fait naître en moi, ce soir-là, une lueur d'espoir. Combien de temps s'était-il écoulé depuis que je n'avais pas ri aux éclats ? Je me suis promis de revenir assister à d'autres de leurs réunions.
Les membres d'Al-Anon à ma table m'ont accueillie sans poser de questions. Leurs conversations et leurs rires m'ont marqué à jamais. Je suis une membre reconnaissante qui continue de revenir. À ma réunion de maison, je vais à la rencontre des nouveaux et je les encourage à revenir eux aussi !
Sherrie V., Californie