J'étais furieuse contre mon chum, qui était violent, infidèle et irrespectueux. Il buvait beaucoup, se droguait et était souvent au chômage. J'ai passé la majeure partie de mon temps libre à nettoyer son appartement, à cuisiner pour lui, à faire sa lessive et à lui prêter de l'argent. Je n'arrêtais pas de dire à tout le monde à quel point il était horrible, espérant que quelqu'un me dise comment arranger les choses. La réponse la plus fréquente était : « Quitte-le », mais je voulais juste que notre relation s'améliore.
Un jour, j'ai raconté mon histoire à une collègue qui a tout de suite compris que mon chum était peut-être alcoolique. Elle m'a demandé ce que je pensais pouvoir faire. Je lui ai parlé de toutes les façons de me venger pour qu'il regrette et me traite mieux. Rien n'y faisait, et je me sentais de plus en plus en colère et triste. Elle m'a fait remarquer que les représailles ou les récompenses pour son comportement inapproprié ne seraient bénéfiques ni pour moi ni pour lui, et nous avons réfléchi ensemble à ce que je pouvais changer. Elle m'a invitée à une réunion d'Al-Anon. J'avais peur qu'il soit furieux contre moi d'y aller, et j'avais peur qu'il me fasse mal à cause de ça ; mais j'étais tellement désespérée que j'ai tenté le coup. Au début, j'écoutais, parce que je ne savais pas quoi dire. Rapidement, j'ai réalisé que, même si je n'étais pas obligée de parler, je voulais dire au moins une phrase quand c'était mon tour. Avec le temps, j'ai pu participer davantage aux réunions. Personne ne me jugeait. Ils n'arrêtaient pas de me dire de « revenir ».
J'ai réalisé que j'étais impuissante face à l'alcoolique et j'ai réalisé que ma vie était devenue ingérable. J'ai alors découvert l'acceptation ; accepter ne signifie pas approuver quelque chose, mais plutôt en reconnaître l'existence et pouvoir ensuite envisager mes options. Avoir le choix m'a permis de reprendre ma vie en main. La plupart des choix que j'ai envisagés étaient de petits changements que je pouvais faire pour l'améliorer. Savoir que j'avais le choix et que je pouvais changer d'idée si quelque chose ne me convenait pas a été une étape cruciale dans mon rétablissement. Je voulais vraiment mettre fin à cette relation, mais j'avais peur qu'il me harcèle et me fasse du mal. J'ai trouvé le courage de raconter mon histoire à la police, qui l'a fait arrêter pour agression. J'étais terrifiée à l'idée de représailles, mais il ne l'a jamais fait.
Ça fait plusieurs années que cette relation est terminée. Je continue de fréquenter Al-Anon. Ce groupe m'a été d'un grand soutien lors de mon premier mariage et de mon divorce. Ce programme a été essentiel pour m'aider à choisir des amis et à entretenir des relations saines avec ma famille et mes collègues. Il m'aide aussi dans mon mariage actuel et dans l'éducation de nos enfants. Il m'a permis d'avoir une vue d'ensemble de la vie. J'ai aussi appris que tout ce qui arrive, bon ou mauvais, n'est que passager, ce qui m'aide à garder une vision équilibrée de ma vie.
Par Linda D., Wisconsin
Le Forum , février 2020
Je me reconnais tellement là-dedans !