Je me souviens avoir vu des rayons de soleil à travers les arbres et sentir une brise légère qui léchait de petites vagues sur l’eau. C’était tellement paisible. Mais alors que j’étais assise sur ce perron à regarder la scène devant moi, j’entendais aussi la voix de mon mari en crise au téléphone dans mon oreille. Il était censé être assis sur le perron avec moi. Il était censé être sobre. Mais il ne l’était pas.
Il m’appelait pour me demander de venir le chercher et de l’amener avec nous. Il voulait que je l’amène dans cet endroit paisible où nos garçons et notre famille élargie étaient réunis. Avant de venir à Al-Anon, je l’aurais fait. Par peur et colère, je l’aurais amené à nous. Et nous aurions tous payé un lourd prix pour ça. Mais cette fois, c’était différent.
J’entendais la douleur et la peur dans sa voix, et mon cœur se serrait pour lui et pour nous. J’ai entendu la voix de mon parrain dans ma tête et j’ai ressenti de la compassion plutôt que de la colère. J’ai entendu les paroles des membres de mon groupe d’accueil sur le fait de traiter les autres avec assez de respect pour ne pas sauter immédiatement à leur secours ou prévenir la crise qui s’en venait.
J’ai entendu mon mari me demander de venir le chercher, et pour la première fois, je me suis entendue dire : « Non. » J’ai réalisé que la meilleure chose à faire était de rester où j’étais et de profiter de mon temps en famille. Je lui ai dit que je l’aimais et je lui ai rappelé qu’il savait vers qui il pouvait demander de l’aide et qu’ils pouvaient être là pour lui d’une façon que je ne pouvais pas. Ce fut le début de sa plus longue période de sobriété à l’âge adulte. Je suis reconnaissante de n’avoir rien à voir là-dedans, à part me mettre de côté et le laisser trouver et travailler son propre programme. « Ne fais pas juste quelque chose, assieds-toi là. » Je l’avais entendu d’innombrables fois en réunion et regarde ce qui s’est passé quand j’ai finalement écouté.
Par Anonyme
Le Forum, février 2021
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Qu’est-ce que ça dirait à quelqu’un qui vient de commencer à sortir avec un homme merveilleux (quand il est sobre) mais qui boit. Mon premier réflexe, c’est de courir parce que c’est ce que je fais quand il y a des signaux d’alarme. Mais je détesterais manquer la personne qu’il pourrait devenir......
On dirait que ça va toujours être un combat quotidien pour lui.
Ce billet résonne tellement en moi que si j’avais encore des larmes à verser, je pleurerais. Cette lutte quotidienne pour peser l’équilibre de la douleur collective de notre famille, décider où placer l’énergie, l’attention, et ce qu’il faut laisser aller sans jamais regarder en arrière, est tellement réelle pour moi. Je suis encouragée à entendre une voix de paix, avec la proposition courageuse de lâcher prise avec amour et respect!
Quel bon rappel de s’écarter! Mon premier réflexe est de « sauver » mon proche, mais j’ai compris que parfois « l’aide » est vraiment « blessée » à cause du programme.
Wow, j’avais vraiment besoin d’entendre ça!! Merci.
Je suis nouveau dans tout ça. Je suppose que la nouvelle normalité a changé beaucoup de choses... Surtout la vie à la maison.
Si votre alcoolique avait conduit lui-même, le résultat aurait pu être très différent. Merci pour ce message poignant.
Ce partage a été une vraie bénédiction. Merci
Ça me rappelle le slogan Vivre et laisser vivre. C’était mon outil de prédilection du programme, car j’essayais de me détacher avec amour. Ce n’était pas facile, mais c’était assez simple à retenir. Je n’avais pas prévu la liberté que ce simple slogan m’apporterait alors qu’il me démêlait lentement des effets de la consommation d’alcool de quelqu’un d’autre. Merci aux membres d’Al-Anon. 😊
J’adore ça. C’était exactement ce que j’avais besoin d’entendre.
Excellent et opportun post pour moi! Le contraste entre le cadre paisible et le tumulte téléphonique résonne, mais le titre du billet résonne tout autant. Je luttais avec la culpabilité de mes efforts pour me protéger. Une des choses qui m’a touché en entrant dans les pièces, c’est ma reconnaissance et l’apprentissage de la compassion à travers les parts des autres. Je n’avais aucune idée à quel point j’étais en conflit intérieur, ni combien de soulagement je trouverais grâce à Al-Anon.
Merci.