J'ai grandi dans une famille aimante où l'alcool était absent. Pourtant, j'ai marié un homme qui avait grandi dans une famille alcoolique. Même si j'en étais consciente au moment de notre mariage, je n'en comprenais pas toutes les conséquences. Il m'a raconté à quel point son enfance avait été terrible, mais je ne la saisissais toujours pas. On a décidé de pas boire d'alcool chez nous. Quand on a déménagé dans l'Est, il a commencé à boire occasionnellement. Cependant, avec le temps, j'ai réalisé qu'on avait un problème. Désemparée, j'ai décidé de trouver une réunion Al-Anon.

Les réunions ont été d'un grand réconfort parce que j'ai vite compris que je n'étais pas à l'origine du problème. J'ai aussi appris que je ne pouvais ni le contrôler ni le guérir. Nous avons traversé des moments difficiles, entre des cures de désintoxication, des séjours à l'hôpital et des conduites en état d'ivresse. Malgré sa participation à de nombreuses réunions des Alcooliques anonymes, il n'arrivait pas à rester sobre. J'ai continué à assister aux réunions d'Al-Anon et à utiliser les outils du programme. Lorsque mon mari s'est suicidé, mon expérience avec Al-Anon m'a permis de comprendre que je n'avais aucun contrôle sur sa décision. Son alcoolisme le rendait malheureux, mais grâce à Al-Anon, je trouve la sérénité et même le bonheur. En ce premier anniversaire de sa mort, je continue d'assister aux réunions d'Al-Anon où je trouve du réconfort et de l'aide, et où je peux, à mon tour, aider les autres.

Par Anonyme

Le Forum , mars 2020