Je suis sorti de ma retraite lorsque les Services de protection de l’enfance ont enlevé ma petite-fille à mon fils pour la troisième fois. Sa mère faisait des allers-retours en prison, et mon fils était surtout dans un brouillard alcoolique.

J’aime ma petite-fille de tout mon cœur, mais l’avoir avec moi à temps plein faisait bouillonner mes émotions d’un mélange d’amertume et de ressentiment. J’étais en colère contre mon fils, contre sa copine, contre le système gouvernemental dans lequel nous étions coincés, et parfois, même contre cette adorable petite fille. C’est à ce moment-là que j’ai décidé qu’il était temps d’aller à Al-Anon.

J’aimerais dire que la sérénité et le bonheur m’ont envahi la première fois que j’ai lu Step One. Ce n’était pas le cas, mais cette pièce remplie de gens à différents stades de parcours similaires m’a amené dans une communauté qui m’a finalement aidé à y arriver.

La première étape est devenue une partie de mon ADN seulement après avoir lu, écouté, parlé et écouté encore un peu. J’ai saisi d’abord la deuxième partie de la phrase : la pleine prise de conscience que ma vie était devenue ingérable. Je me suis demandé pourquoi. La réponse était simple : à cause de l’alcool. Puis la première partie de la phrase a finalement pris sens pour moi : je suis impuissant face à l’alcool, mais pas face à ma vie, à mes actions ou à moi-même.

Une fois que j’avais débloqué le pouvoir de l’étape un, je pouvais passer à l’étape suivante, puis à la suivante, et ainsi de suite. La première étape a marqué le chemin qui a ramené ma santé mentale. À partir de là, j’ai appris à poser des limites, à « Lâcher prise et laisser Dieu », et à me détacher avec amour. J’ai redécouvert le bonheur, la joie et un regain de sens de moi-même. Je dois mon bonheur et celui de ma petite-fille à l’Étape Un, et à la porte de tout ce qu’Al-Anon offre.

Par Suzanne W., Texas
Forum Mai 2016