Mon mari ne buvait pas quand on s'est mariés, mais tout a basculé. Ignorant tout de l'alcoolisme, j'ai longtemps nié la réalité. La bière a mené au vin, le vin à la vodka, puis au whisky. Heureusement, mon mari réussissait à subvenir aux besoins de sa famille. Mais ma vie devenait de plus en plus ingérable. Chaque soir, il s'écroulait dans son lit, complètement ivre. Il était devenu impossible de le raisonner, et il est même devenu menaçant. J'ai téléphoné à mes amies proches et je leur ai tout dit, parce que je ne savais plus vers qui me tourner. Sans m'en rendre compte, je payais 350 $ de l'heure à un avocat spécialisé en divorce. Je ne voulais pas divorcer ; je voulais qu'il se fasse aider.

On s'est séparés et la situation s'est envenimée. J'ai commencé une thérapie qui m'a orienté vers Al-Anon. J'ai repris ma vie en main et j'ai fait mes propres choix. Finalement, mon mari et moi nous sommes réconciliés et j'ai choisi de ne pas divorcer. J'espérais le bel avenir que mon mari nous avait promis. Malheureusement, il n'en a rien été. Cependant, grâce à Al-Anon, j'ai retrouvé des outils, mon mariage et ma sérénité. J'ai appris à être heureuse malgré les choix de mon mari. Je refusais maintenant de jouer les victimes ou les martyres. Ça fait maintenant 30 ans. Bien qu'il ne participe pas aux AA, mon mari est sobre depuis plusieurs années. Plus important encore, je suis là où je veux être. Je prends soin de moi-même et je fais des choix qui me conviennent aujourd'hui. Je mène une vie paisible entourée d'amis qui partagent mes convictions et mon programme. Je ne pourrais pas rêver mieux. La sagesse, l'espoir, la compréhension et les encouragements d'Al-Anon m'empêchent de sombrer dans la folie.

Par Jean C., Floride
Le Forum , avril 2020