Nous venons à Al-Anon à cause des problèmes causés par l’alcool de quelqu’un. Certains d’entre nous s’inquiètent surtout d’une relation avec un conjoint ou un partenaire ayant un problème d’alcool, tandis que d’autres ont des parents ou des enfants alcooliques. Parfois, une situation d’alcoolisme au travail nous amène à Al-Anon. Peu importe la relation particulière, il y a un dénominateur commun : l’effet de la consommation d’alcool de quelqu’un d’autre sur nous. Al-Anon nous donne l’occasion de nous regarder et de comprendre comment l’alcoolisme a déformé notre perspective, nui à notre image de soi et affecté notre capacité à développer et maintenir des relations saines.

Il n’est pas rare d’entrer dans un groupe familial Al-Anon dans un état de détresse. Malgré la confusion et le chaos que nous pouvons vivre, le programme nous offre l’espoir qu’en améliorant nos attitudes, nous pouvons vivre une vie meilleure et plus heureuse. Lors des réunions Al-Anon, nous rencontrons des personnes ayant vécu des expériences similaires aux nôtres. Ils partagent à quel point leur vie s’est améliorée. Ils nous montrent que nos échecs passés n’ont pas à limiter notre croissance future tant que nous sommes prêts à apprendre de nouvelles approches.

Un groupe familial Al-Anon offre aussi des occasions de mieux comprendre nos propres sentiments et comment tendre la main aux autres pour obtenir du soutien. Avant de commencer à assister aux réunions d’Al-Anon, beaucoup d’entre nous ignoraient leurs sentiments et se sentaient isolés par leurs problèmes. Nous nous sommes principalement concentrés sur la tentative de réparer la relation alcoolique ou sur la gestion de la crise du jour. Nous avons essayé de garder les choses aussi « normales » que possible en assumant des responsabilités que l’alcoolique négligeait. Tout dépendait de nous, du moins c’est ce que nous croyions. On sentait qu’il fallait garder l’apparence que tout allait bien, même si ça voulait dire trouver des excuses ou mentir pour l’alcoolique. Dans ces circonstances, il peut être douloureux ou confus de prêter attention à nos propres sentiments. Cependant, lorsque nous entendons d’autres personnes partager lors des réunions, nous commençons à réaliser à quel point nous avons beaucoup en commun avec elles. Au fil du rapport, nous commençons à nous sentir connectés — parfois pour la première fois de notre vie. La confiance commence à grandir.

Une réunion Al-Anon est un endroit sûr pour partager nos sentiments. Nous apprenons que nous ne sommes pas les seuls dont le point de vue a été déformé par la pression de vivre avec les effets de la consommation d’alcool de quelqu’un d’autre. En écoutant les histoires des autres, nous découvrons des choses sur nous-mêmes que nous n’aurions peut-être jamais soupçonnées. Nous pouvons commencer à nous admettre ce que nous ressentons et mieux nous comprendre. Avec l’amour et le soutien que nous trouvons lors d’une réunion Al-Anon, nous sommes capables de reconnaître — et d’accepter — qui nous sommes.

Où que nous soyons dans notre quête de relations saines, nous devons commencer là où nous sommes aujourd’hui. Il peut être douloureux de penser à quel point nos relations auraient pu — ou auraient dû — être meilleures. Ça ne sert à rien de se critiquer soi-même quand on a fait de notre mieux avec ce qu’on avait. Nous pouvons gagner la tranquillité d’esprit en mettant de côté ce que nous aurions pu ou dû faire et en acceptant qui nous sommes et où nous sommes en ce moment.

Le programme Al-Anon offre une gamme d’outils qui peuvent nous aider. En continuant à assister aux réunions, nous apprenons qu’il est possible de laisser aller d’anciens compagnons comme l’échec, la honte et la culpabilité. Avec le temps, nous pouvons progresser, mais nous ne pouvons que le faire « un jour à la fois ». Les outils Al-Anon nous aident à réaliser que la capacité de repartir à zéro est toujours à notre portée, et qu’il y a toujours plus d’espoir que nous ne le pensions.