Un des cadeaux d’Al-Anon, pour moi, a été d’avoir la capacité de voir mes proches qui souffrent d’alcoolisme avec des « nouveaux yeux » — de voir leurs qualités positives, pas seulement leurs défauts. Mon père était une de ces personnes dans ma vie qui souffrait de la maladie de l’alcoolisme. Grâce à Al-Anon, l’histoire que je partage ici est celle à laquelle je pense quand je pense à mon père ces temps-ci.
C’est arrivé le jour de la Saint-Valentin en 1967, quand j’avais cinq ans. C’était une journée typiquement froide et venteuse au Canada. Je me souviens avoir été excitée et remplie de joie ce jour-là parce que j’avais reçu une carte de la Saint-Valentin de la part de tous les autres enfants de ma classe de maternelle. J’étais tellement excitée que j’avais hâte de rentrer à la maison pour les regarder; J’ai dû tous les éliminer alors que j’étais à peu près à mi-chemin. J’ai fait ça à côté d’un fossé et d’un étang qui passait derrière ma maison.
Immédiatement, le vent a emporté toutes mes précieuses cartes de Saint-Valentin de mes mains dans le fossé et l’étang. L’étang était un vrai désordre boueux et boueux. Il n’y avait aucun moyen de les récupérer, et j’ai couru le reste du chemin en pleurant. J’avais perdu mes trésors.
Mon père était déjà rentré du travail tôt ce jour-là. Il travaillait dans une grande entreprise et jouait un rôle de liaison avec le public, donc son « uniforme » de travail était une veste de costume et une cravate, un bon pantalon et des chaussures habillées. Ce qui s’est passé cette Saint-Valentin, c’est que mon père est revenu avec moi à l’étang derrière notre maison. Il est entré dans la boue et la boue en beau complet et chaussures et, avec soin, avec amour, a récupéré chaque carte de Saint-Valentin pour moi, même si certaines étaient déjà abîmées. Il éclaboussait la boue et l’eau froide jusqu’à la taille en plein hiver canadien, récupérant des bouts de papier précieux pour un garçon de cinq ans en pleurs. C’était son plus beau moment.
Al-Anon m’a permis de voir mon père tel qu’il était vraiment : pas quelqu’un de mauvais, stupide ou moralement faible, mais quelqu’un qui souffrait d’une maladie sur laquelle il était impuissant. C’était mon champion. Al-Anon m’a aidé à ramener mon champion, non pas parce qu’il a changé, mais parce que j’ai changé. Je pouvais enfin voir mon père d’une façon que je crois que ma Puissance Supérieure le voit, avec compassion et amour.
Par Steve H., Ontario
Le Forum, février 2023
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Je ne pourrais pas aimer ça davantage. Merci.
J’adore cette perspective, merci de partager ce merveilleux souvenir de ton père... Nos proches qui ont souffert d’alcoolisme sont/étaient bien plus que leur maladie.
Une si belle histoire qui montre l’amour. Les alcooliques peuvent aussi aimer, tout comme dans cette histoire. C’est juste que quand ils boivent, c’est difficile de vivre avec leurs actions, leurs paroles et leurs décisions. Mais nous continuons à pardonner et à oublier, et nous aimons, avec l’aide d’Al-Anon et de notre Puissance Supérieure, pour nous donner la force dont nous avons besoin pour continuer cet amour.